Quand la révolution égyptienne battait son plein et que les cairotes occupaient la, désormais célèbre, Place Tahrir, un invité sur Al-Jazeera avait eu une expression que j’ai trouvée savoureuse. Cet invité est Azmi Bishara. Il avait dit: « Le printemps est arrivé plus tôt cette année chez les arabes ».
A première écoute, cela paraissait le cas. Les tunisiens s’étaient débarrassés de leur dictateur et de son gang de rapaces. Les égyptiens reprenaient du poile de la bête après le second speech de Moubarak. Les yéménites demandaient le départ de leur président (21 ans président du Yémen, 33 si l’on compte sa présidence du Yémen du Nord). Les jordaniens manifestaient dans les rues d’Amman contre la hausse des matières de première nécessité. Les algériens continuaient leur manifestations sporadiques et localisées.
Bref, on aurait dit que les arabes avaient mangé du lion au réveillon de 2011 et qu’un vent de liberté soufflait sur la région MENA. Read more »
Des personnes traînant des manifestants anti-Moubarak (blessées ou tuées ?)
[Mise à jour: L'interview de Mona Seif sur Al-Jazeera English]
Le 2 février a été une journée où tout a basculé au Caire. Des personnes se disant pro-Moubarak ont provoqué des combats de rues une fois arrivées au niveau de la Place Tahrir.
Les échanges de « civilités » ne se sont pas résumés à des jets de pierres et des coups de bâtons. Les partisans du régime ont carrément et littéralement envoyé la cavalerie -une vingtaine de chevaux et de chameaux- charger les manifestants sur la Place Tahrir. Mais n’est pas Murat qui veut. Les cavaliers ont été facilement désarçonnés par les manifestants et emmenés vers une station de métro improvisée en lieu de détention. Chacun des pro-Moubarak semble être payé pour être là (membres du NDP ou travaillant dans les entreprises appartenant à la sphère du NDP) ou appartenir à certaines unités des forces de sécurité. Ces actions ont apparemment été coordonnées par le régime et ses sbires.
L’armée a eu une position neutre, si ce terme veut bien dire quelque chose dans de telles conditions car les pro-Moubarak ont eu toute latitude pour traverser les lignes des soldats déployés dans les rues du Caire.
Au milieu de la nuit, des violences d’une autre nature ont eu lieu. Des tirs d’armes automatiques ont causé cinq morts et quinze blessés dans l’espace d’à peine une heure. L’armée a dû cette fois-ci tirer en l’air. Si la mention Le Caire n’avait été écrite à l’écran, on aurait cru que cela se passait à Beyrouth ou à Gaza.
Al-Jazeera English a pu avoir au téléphone une des manifestantes Place Tahrir durant les tirs. Elle s’appelle Mona Seif. Elle témoignait en étant en larmes, avec beaucoup d’émotions et la voix serrée par la peur. A la question: « Que voulez-vous dire au Monde ? », elle a répondu:
Nous ne quitterons pas cette place. Il n’y a que deux options: ou bien ils gardent Moubarak et son régime et nous perdrons des milliers de personnes dans cette Place et son nom changera de Place de la Libération à Place du Massacre. Ou bien, ils disent non au régime de Moubarak et donnent au peuple une chance de vivre.
A l’heure où j’écris ces lignes, des anti-Moubarak et des pro-Moubarak se préparent à s’affronter avec la levée du jour. Uu combat de rue avec armes blanches, jets de pierres et barricades. Un combat loin d’être gagné et loin d’être à « armes égales ». Quelque soit le résultat de ce combat, le peuple égyptien aura montré que désormais il faudra compter avec lui.
Dans un monde globalisé qui tend à s’uniformiser, l’innovation est devenu une véritable planche de salut pour se démarquer de son voisin. Elle est aujourd’hui une priorité dans beaucoup de pays développés.
Le site américain The Daily Beast a établi un classement des pays qui sont leaders dans le secteur de l’innovation.
Pour ce palmarès, The Daily Beast a réuni à un groupe appelé I-20 qui réunit les «Tsars de l’innovation» venant d’un peu partout dans le monde. Ce I-20, élargi par la suite à 25 sommités de l’innovation venant de 25 pays, a collaboré avec The Institute for Large Scale Innovation. Les réponses ont été collectées d’une manière anonyme. Sur les 200 pays environ que compte le monde, un peloton par ses capacités technologiques, institutionnels, culturelles … etc à résoudre les problèmes. Read more »
Bill Gates et Warren Buffet initiateurs de l'opération Giving Pledge
Une quarantaine de milliardaires américains et leurs familles se sont engagés mercredi à donner au moins la moitié de leur fortune à des organisations caritatives. L’initiative revient à Bill Gates, fondateur de Microsoft, et Warren Buffett, le patron du fonds d’investissement Berkshire Hathaway. Ceux-ci ont fait le tour de leurs amis riches, et leur ont fait signer un «giving pledge», un engagement de don qui n’a aucune valeur légale mais seulement «morale». Parmi les signataires, qui étaient réunis mercredi dernier à New York, le maire de la ville et financier Michael Bloomberg, le fondateur de CNN Ted Turner, le réalisateur George Lucas ou encore le co-fondateur de l’éditeur de logiciels Oracle, Larry Ellison.
Le geste s’inscrit de plain-pied dans une tradition bien établie de «philanthropie», qui remonte aux Rockefeller et aux grands barons du capitalisme américain au début du XXe siècle. Ainsi, Warren Buffett, l’un des initiateurs du «giving pledge», a lui-même déjà annoncé il y a quatre ans qu’il donnait plus de 80% de sa fortune personnelle, estimée à 47 milliards de dollars, à la Fondation Bill et Melinda Gates active sur le terrain médical dans le monde en développement (lutte contre le paludisme et le sida). Read more »
Les élections britanniques ont eu lieu. Gordon Brown a été battu et une coalition regroupant les conservateurs et les libéraux-démocrates conduit le pays de Sa Gracieuse Majesté actuellement. Hier, la reine a inauguré la nouvelle législature par un discours écrit par le Premier Ministre et validé par le Cabinet. L’heure des comptes et du bilan a sonné pour les anciens-nouveaux-travaillistes pour leurs treize ans passés au pouvoir.
C’est justement ce que fait Anthony Giddens qui publie dans The New Statesman une tribune dressant le bilan de ces treize ans au pouvoir de Blair et Brown. Anthony Giddens est l’un des conseillers de Blair et surtout l’inventeur de la notion de Troisième Voie (Third Way) comme alternative politique à gauche au socialisme.
Giddens rappelle les grandes étapes du Nouveau Parti Travailliste et insiste sur la longévité du mouvement créé par Blair, par rapport aux autres partis de gauche en Europe sans éluder les échecs de celui-ci comme la guerre en Irak (et son corollaire d’alignement de la GB sur les USA en terme de politique étrangère), l’irresponsabilité financière ou la communication à outrance. Read more »
La crise actuelle ou la crise dernière, c’est selon, a exacerbé les opinions sur un sujet des plus polémiques: les salaires des patrons. La dernière polémique en date en France concerne le salaire d’Henri Proglio. Cet ancien patron de Véolia vient d’être recruté pour diriger une entreprise publique française: edf. Henri Proglio allait percevoir un salaire de 1,6 million d’euros au titre de PDG d’edf et 450 000€ au titre de président non exécutif de Véolia. Face à la broncha suscitée par cette double rémunération, H. Proglio a fait marche arrière et renoncé à ses 450 000€.
Les choses allaient se calmer, mais une information pourrait rallumer la mèche. En effet, Le Parisien révèle qu’Henri Proglio cumulerait son salaire de PDG et une retraite chez Veolia qui serait supérieure à 1 million d’euros.
Qu’est ce qui justifierait de telles rémunérations pour les patrons. La taille des entreprise ? Leur importance sur le marché ? La compétence des patrons ? La valeur que le patron crée pour les actionnaires ? Un meilleur service rendu à la société, aux salariés ou aux clients ? Read more »
Voilà une histoire comme on aimerait en avoir sous nos cieux. Un homme politique qui rend des comptes. Ça aurait de la gueule tout de même dans un pays comme le Maroc.
Depuis le 29 janvier, le Right HonourableTony Blair répond aux questions de la Commission Chilcot qui enquête sur la légalité de la guerre en Irak, officiellement appelée The Iraq Inquiry. Voilà un ancien premier ministre de Sa Gracieuse Majesté qui a passé trois mandats à la tête du cabinet britannique. Le seul travailliste à avoir réussi une telle durée, il est le second premier ministre à dépasser la décade à la tête du gouvernement britannique, juste après Margaret Thatcher qui le devance de quelques mois. Il a été également le plus jeune premier ministre du Royaume-Uni depuis lord Liverpool en … 1812.
Sous sons cabinet et avec l’aide de Gordon Brown, le Royaume-Uni a connu une prospérité économique, la promulgation de lois constitutionnelles notamment le Human Rights Act, l’établissement du parlement écossais … etc. Read more »
Je suis allé voir récemment le dernier-né de Michael Moore. Michael Moore est de la race des clowns qui se mettent en scène. Avec son nouveau film documentaire « Capitalism : A love story » et au sous-titre explicite « This Time, It’s Personal », Capitalism: A Love Story assume une dimension égocentrique.
Voici donc l’autoportrait d’un enfant d’ouvrier américain, qui a grandi dans un monde où l’on changeait de voiture tous les ans, où l’on partait en vacances à New York et où chaque année papa gagnait un peu plus.
Michael Moore oscille entre la satisfaction masochiste du prophète de malheur à qui le temps a donné raison et la mélancolie de l’ex-petit garçon chassé d’un éden capitaliste qu’il a tant aimé.
Il faut dire que les derniers mois ont produit assez d’arguments pour réaliser des dizaines de Capitalism: A Love Story, et Moore n’a rien perdu de son flair pour sélectionner les illustrations les plus saisissantes des dérives d’un système. L’essentiel de l’argumentaire tourne autour du krach financier de l’automne 2008 et de ses causes. Si l’on s’est un peu intéressé aux événements financiers de ces derniers mois, la démonstration de Michael Moore n’apporte rien de nouveau. A part peut être la tentative d’explication de ce qu’est un produit dérivé …
Les témoignages poignant et les chiffres se succèdent dressant un portrait amer de la situation actuelle, mais Moore n’est pas sans reste et appelle a l’activisme, a une vision de l’économie basée sur la démocratie, vision pour laquelle il incite le spectateur a militer. Le film se clôture avec la diffusion d’un document rare montrant Franklin D. Roosevelt faisant vœux de Read more »