Merci d’avoir osé

28 janvier 2010
By

Aujourd’hui est tombée la nouvelle via le blog The Arabist sur la prochaine disparition du Journal Hebdomadaire. Asphyxié par un boycott publicitaire, pourchassé par une armée de créanciers dont fait partie le fisc et la CNSS, le Journal Hebdomadaire a fini par être mis KO. Des huissiers se sont présentés au siège du journal et ont mis les locaux sous scellés.

De l’aveu même d’Aboubakr Jamaï, Le Journal est en mort clinique. En effet, celui-ci a déclaré: « Although we are waiting to get a clearer legal picture, we can already officially announce the death of Le Journal Hebdomaire ».

Cette fois-ci avec les gros arriérés dus à la CNSS et au fisc, il semble que la messe est dite. Je ne vais pas verser dans le misérabilisme ou dans l’indignation car cela ne servirait à rien.

J’aimerais tout simplement remercier Le Journal et les personnes y ayant travaillé. Je les remercie pour l’effort engagé dans cette première marocaine quand on a cru à une ouverture, une certaine ouverture tout du moins. Je les remercie pour le courage et le dévouement dans leur tâche d’informer le public. Ils ont été les premiers à briser des tabous. Ils ont été les premiers à dire des choses vraies.  Nous pouvons être d’accord ou pas avec les éditos écrits dans ce magazine. Nous pouvons être d’accord ou pas avec les analyses qui y ont été publiées, mais nous ne pouvons nier le fait que le Journal Hebdo a changé la pratique journalistique marocaine. Désormais, il y a un avant Journal Hebdo et un après Journal Hebdo.

Alors je vous dis: Merci ! Merci d’avoir osé. Gageons que quelque part au Maroc, d’autres reprendront le flambeau.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
http://www.anasalaoui.com/wp-content/plugins/sociofluid/images/digg_48.png http://www.anasalaoui.com/wp-content/plugins/sociofluid/images/stumbleupon_48.png http://www.anasalaoui.com/wp-content/plugins/sociofluid/images/delicious_48.png http://www.anasalaoui.com/wp-content/plugins/sociofluid/images/google_48.png http://www.anasalaoui.com/wp-content/plugins/sociofluid/images/facebook_48.png http://www.anasalaoui.com/wp-content/plugins/sociofluid/images/twitter_48.png

Tags: , , ,

  • http://lbadikho.wordpress.com lbadikho

    الكذاب تسوق
    و تلف الصّادق فالزحام

    tristesse et désespoir.

  • Pingback: annouss

  • Mohamed (EKM)

    les patrons du journal ont volé la société (le fisc), leur employés (cnss) et leurs banques !

  • Mohamed (EKM)

    ceux qui ont travaillé pour le journal … vont se retrouver à 60 ans sans retraite !!!

  • Mohamed (EKM)

    Ils ont été les premiers à dire des choses vraies… zwina hadi !!! et ils ont oublié de payer la cnss, l’igr, la tva, les fournisseurs !!!

  • Anas Alaoui

    Même si je suis sûr que ce sujet va tourner au troll, je te répondrai tout simplement que si ce journal faisait des recettes publicitaires « normales » et qu’il n’était pas à chaque fois condamné à des peines lourdes, il est très probable qu’il n’y aurait eu ni arriéré du fisc, ni arriérés de la CNSS.
    Mais ce n’est que mon avis.

  • Andrés

    What a moving, beautiful tribute… It’s the readers’ remembrance that really establishes the place of a courageous publication in a country’s history…

    Quel hommage si beau, si émouvant… C’est le souvenir des lecteurs ce qui déterminera la place d’une publication courageuse dans l’histoire d’un pays…

  • Omar

    @Anas Alaoui:
    Chronologiquement, ils ont failli à leurs devoirs de citoyens, et ensuite, « on » a bloqué leurs recettes publicitaire, et encore, cela reste à prouver…
    Je suis choqué qu’on puisse défendre des patrons voyous

  • Anas Alaoui

    Que veux-tu dire par « ils ont failli à leurs devoirs de citoyens » ?
    Jusqu’au boycott publicitaire, le JH était une entreprise rentable qui s’acquittait de ses impôts et charges.

  • Pingback: Global Voices Online » Morocco: Where Independent Media is No More

  • Najib

    Il semble que certaines personnes font abstraction ou ignorent l’impact de l’existence du JH dans le champ médiatique marocain et se contentent de juger au premier degré. Voici la réponse des salariés du journal hebdo :
    Casablanca, le 3 février 2010
    Communiqué
    Nous, salariés de la société Trimedia, société éditrice du Journal hebdomadaire, tenons à préciser quelques points concernant la décision de justice prise à l’encontre de Trimedia, dont la conséquence a été la perte de nos …emplois. Nous protestons contre la mise sous scellés de nos locaux, alors que la mise en liquidation de Trimedia vient seulement d’être prononcée. Nous protestons contre la brutalité de cette décision, qui s’est faite sans aucune explication. Nous considérons que cette mise sous scellés nous prive abusivement de nos emplois et constitue une interdiction de fait du Journal hebdomadaire. En effet, nous ne sommes pas dupes de cette condamnation qui, sous couvert de défendre les intérêts des salariés et d’assurer leur protection sociale en faisant appliquer la loi, nous jette dans la précarité. Curieuse façon en effet de défendre les droits des salariés que de les priver du jour au lendemain de leur outil de travail et donc de leurs emplois. Nous ne sommes pas dupes, car nous ne doutons pas de la bonne volonté de nos employeurs. Nous sommes convaincus que, s’ils n’ont pas payé les cotisations dues à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et au fisc, c’est parce qu’ils n’étaient pas en mesure de le faire, et non parce qu’ils ne souhaitaient pas le faire. Nous n’entendons pas être présentés comme des victimes que cette décision de justice viendrait délivrer. Dans ce pays, où 40% de l’économie est totalement informelle, des centaines de milliers de personnes travaillent dans des conditions difficiles, sans aucune protection sociale et sans aucun droit. Ils sont livrés à la plus grande précarité. Ce sont eux, dont les conditions de travail sont sans aucune commune mesure avec les nôtres, qui devraient intéresser la justice, et, avant la justice, l’Etat. Nous ne nous étonnons pas de la condamnation qui frappe, à travers Trimedia, l’ensemble du personnel du Journal hebdomadaire. Car nous sommes convaincus que cette condamnation est la conséquence directe d’une ligne éditoriale, que nous soutenons unanimement. D’une ligne éditoriale pour laquelle Le Journal hebdomadaire a lourdement payé, à force de pressions quotidiennes, de boycott publicitaire et de condamnations faramineuses. La liquidation du Journal hebdomadaire ne signifie pas la fin de cette ligne, que nous nous efforcerons de faire renaître. Les salariés du Journal hebdomadaire