Il est des fois où l’on ne sait plus où donner de la tête face à un flot d’informations. Il est des fois où l’on ne sait quoi penser quand le choquant le dispute au sordide.
Ce matin, je consultais ma revue de presse habituelle quand je suis tombé sur un de ces articles qui ne permet qu’une seule première réaction: pousser une bonne gueulante !
Sur le site internet du journal arabophone Akhbar Al-Youm est rapportée l’information selon laquelle une jeune fille de la localité de Boudnib, province d’Errachidia, a été la victime (je reviens sur ce terme un peu plus tard) d’un viol collectif de la part de sept individus, dont l’age va de 17 à 30 ans. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, ceux-ci ont même filmé la scène sur téléphone portable selon le même journal.
Quatre des sept suspects ont été appréhendés par la police en fin de semaine dernière et déférés à la justice sous l’accusation de Rapt, Viol, Enregistrement et partage d’une vidéo contenant des images impudiques. Les services de police cherchent encore les trois autres suspects.
Ce qui est surprenant dans l’histoire est que la jeune fille n’a pas porté plainte dès le départ de peur de la honte et du discrédit qu’un tel viol peut porter sur elle et sur sa famille. La police n’a en fait réagi qu’une fois l’enregistrement du viol partagé et retiré du site de partage de vidéo Youtube et après que les suspects l’aient partagé avec un grand ombre de personnes sur leurs portables via Bluetooth.
Je vous passe les détails de la vidéo rapportés dans l’article et que vous pouvez toujours lire directement sur le site du journal. Des détails, certes sordides et choquants mais d’où transpirent la violence de la scène. On ne peut qu’être « mal à l’aise », excusez l’euphémisme, quand on lit la description faite de la vidéo. Cela est déchirant, cela a un goût âpre qui paralyse l’échine. La description terrifiante d’un mécanisme déréglé où tout fout le camp, où l’humain, en dernier ressort, se retranche derrière ses instincts primaires. Un sentiment d’une perte irrémédiable de valeurs et de repères.
Mais le plus choquant reste la chose suivante: la jeune fille, ie la victime est poursuivie pour « Non dénonciation ». Oui, vous avez bien lu. Elle est également poursuivie. Cela ne s’invente pas !
Histoire d’être sûr de mon français, je me suis précipité vers le premier dictionnaire et j’y ai consulté le terme victime. Le Larousse donne la définitions suivante:
adjectif et nom féminin. Qui a subi un mal, un dommage : Victime d’un vol. Qui pâtit, qui subit les effets d’une situation, d’événements, de choses néfastes.
Je me serais attendu à une réaction de désapprobation de notre société étant donné son conservatisme et son ignorance. En effet, Le viol demeure encore un sujet tabou au sein de la société marocaine. Loin de recevoir le soutien moral et les encouragements de leurs familles, les victimes sont souvent rejetées. Les parents considèrent le viol d’une fille comme un déshonneur qu’il faut cacher à tout prix.
D’ailleurs, le nombre exact de femmes victimes de viols au Maroc reste inconnu, pour la simple raison que peu d’entre elles en parlent, elles subissent la loi du silence.
Au lieu de s’attendre à un soutien légitime et qui de plus est normal de la part de ceux qui sont censés protéger les victimes, bien au contraire ils la poursuivent pour non dénonciation.
Je me doutais que Kafka avait du sang marocain, là j’en suis sûr.








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